L’homme qui fuyait le nobel, Patrick Tudoret

Tristan Talberg est un grand écrivain, reconnu et célébré, bien malgré lui qui déteste laroman compostelle marche deuil amour foule, les mondanités, et même parfois ses semblables tout court. Mais avant d’être un écrivain, Tristan Talberg est un amant, un amoureux, un mari, et maintenant, un veuf. Veuf de la seule femme qu’il a jamais aimée et célébrée, de celle qui était tout pour lui, qui s’appelait Yseult et pour qui il a pris ce pseudonyme de Tristan, et la ferme ambition de se montrer à la hauteur du modèle amoureux médiéval. Et il l’a fait, pendant leurs années lumineuses de vie commune, puis à travers la souffrance de la maladie de sa femme, et tout au long du lent chemin vers la mort.

Le roman commencpaysage chemin compostellee lorsque l’écrivain, alors qu’il pleure son épouse bien aimée depuis 5 ans et n’a jamais plus rien écrit depuis, apprend qu’il vient de recevoir le prix Nobel de la littérature. Angoisse suprême pour lui qui, maintenant plus que jamais, refuse les contacts et reste replié dans la solitude du deuil. Face à la nouvelle et à sa couverture médiatique, il préfère fuir. Il se réfugie chez des amis, et de là, grâce à leur aide, part, un peu hasard, sur les chemins de Compostelle. Le roman suit le récit d’une marche, à la fois initiatique et spirituelle, des rencontres, et s’entrelace avec les lettres d’amour que Tristan écrit à sa femme disparue mais toujours aussi passionnément aimée.

C’est un magnifique roman. L’amour évoqué est puissant et tendre à la fois, lucide et aveugle, vivant et mort. Les lettres que Tristan écrit à Yseult sont bouleversantes d’amour et de douleur. paysage chemin compostelle espagneEt pourtant ce n’est pas un roman désespéré. Le chemin, la marche s’avère rédemptrice et permet au personnage de retrouver le goût de l’absolu et du lien affectif. Au milieu des sentiments d’amour et de la tristesse se trouvent quelques notes d’humour, beaucoup d’érudition qui vient enrichir l’univers du roman par les références multiples (en vrac : Stevenson et Modestine, Boule de Suif de Maupassant, ou le Cauchemar de Füssli), des évocations de voyages, colorées et lumineuses. On rentre avec le personnage dans l’état méditatif qui se met peu à peu en place avec la marche, et on savoure le pèlerinage avec lui. Un roman sur le deuil, sur la marche, sur la littérature, sur l’amour. Une belle lecture, intime et puissante.

Sur Amazon :

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s