Défense de tuer, Louise Penny

J’ai trouvé samedi à la bibliothèque un roman de Louise Penny que je n’avais pas encore lu, et je l’ai avalé d’une traite. Je ne sais pas si vous connaissez Louise Penny, mais pour moi, c’est une écrivaine de policiers extrêmement talentueuse, qui je trouve fait écho à Agatha Christie (et même je préfère car ses romans sont plus longs que ceux d’Agatha, donc le plaisir dure plus longtemps !). Elle sait créer des romans dans une sorte d’huis clos, il y a un seul meurtre, dans l’histoire, raconté avec pudeur. Le détective est plongé au cœur d’un milieu souvent familial ou villageois, tous les personnages se connaissent, on découvre peu à peu leurs secrets, leurs sentiments cachés, leurs manies et défauts. La vérité se dévoile peu à peu. Elle ne fait jamais de coup de trafalgar avec un serial killer qui déboule d’on ne sait où au dernier chapitre, ruinant toutes nos suppositions et notre plaisir de lecteur-détective. Non, ici tout est orchestré, savamment préparé. On pourrait presque deviner qui est le coupable, mais elle sait nous embrouiller avec subtilité pour que nous soyons finalement surpris malgré tout. La tension de ses romans ne naît pas du gore et de l’hémoglobine dégoulinante, mais de l’habileté à conduire une intrigue narrative, à montrer la tension psychologique, l’inquiétude, le doute grandissant entre les personnages. Son détective, l’inspecteur-chef Gamache est franchement sympathique, dans le genre de Adamsberg de Fred Vargas. Armand de son prénom, il a une femme qu’il aime passionnément, des enfants avec qui les rapports sont plus ou moins simples. Il aime lire, marcher. Il se montre plutôt secret, souvent déroutant pour son entourage. Il sait se taire, écouter, faire parler. Il rencontre de nombreux succès professionnels. Il a été pris dans une intrigue politique, et a frôlé le renvoi en raison de ses choix professionnels. Il est entouré d’une équipe aux personnalités variées. Les romans de Louise Penny se déroulent au Québec, le plus souvent dans un petit village, Three Pines, dont la quiétude apparante cache parfois de sombres secrets. L’auteur nous fait également découvrir les difficultés de cohabitation entre les communautés francophone et anglophone.défense de tuer louise penny

Pour en revenir au roman que j’ai lu ce week-end, l’action se passe dans une auberge plutôt confortable et riche, en pleine forêt. L’inspecteur-chef Gamache prend une semaine de congés par an avec sa femme dans cet endroit, depuis de nombreuses années. Cet été-là, il y a avec eux une grande famille, la famille Morrows, qui est là pour rendre hommage à son patriarche décédé depuis longtemps. Les frères et sœurs paraissent à couteaux tirés, et ont des personnalités soit franchement désagréables, soit presque pathologiques. La mère dégage une très grande froideur, une sorte d’insensibilité vis-à-vis de ses enfants, n’accordant son intérêt qu’aux conventions sociales. Son nouveau mari est complètement isolé, presque personne ne lui adresse la parole. Des tensions naissent également dans l’équipe de service, à cause d’un nouveau qui semble refuser l’autorité du maître d’hôtel, et se montre désinvolte avec la clientèle. L’ambiance est de plus en plus crispée. Un soir a lieu le clou de ce rassemblement familial, le dévoilement de la statue du père décédé, que la propriétaire de l’auberge a accepté (moyennant finances) d’exposer dans son jardin. Ce dévoilement ne suscite pourtant qu’assez peu d’intérêt. Une tempête terrible a lieu durant la nuit, venant clôturer une longue période de chaleur insoutenable. Le lendemain matin, on découvre que la statue est tombée de son piédestal, écrasant une des sœurs de la famille Morrows. Armand Gamache révèle alors son identité et débute l’enquête, bientôt rejoint par son équipe. Toute la complexité et l’obscurité de cette famille est peu à peu démasquée. Des secrets apparaissent au grand jour. On comprend que toutes ces émotions négatives sont bien souvent le résultat d’un manque de communication, de compréhension, et lorsque tout ceci se manifeste, il est trop tard pour faire marche arrière.

Un beau roman policier qu’il est plaisant de lire pendant les fraîches soirées de printemps, et les longues après-midi entrecoupées de pluie et de soleil.

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