3 romans sur l’histoire des Etats-Unis

J’ai lu récemment trois livres que j’ai eu envie de rassembler en un seul article, car leurs thématiques se rejoignent. En effet, ces trois romans se déroulent tous aux Etats-Unis, les deux premiers aux alentours de 1850 alors que le dernier débute un siècle plus tard, en 1949. J’ai titré « histoire des Etats-Unis », mais ces romans parlent plus de la vie aux Etats-Unis dans ces époques de la construction de ce pays, la conquête des vastes territoires, l’immigration…

La dernière fugitive, de Tracy Chevalier est celui qui m’a le plus plu. Il s’agit d’une jeune fille, Honor, appartenant à la communauté quaker d’Angleterre. Elle est délaissée par son fiancée, et plutôt que de rester dans une communauté où elle ne trouve plus sa place, elle choisit d’accompagner sa soeur qui part aux Etats-Unis rejoindre son promis. Malheureusement, Grace, sa soeur, meurt sur la fin de leur périple, et Honor se retrouve seule pour la fin du trajet. Elle découvre alors la vie dans l’Ohio, un état encore sauvage de l’Amérique, où les gens semblent ne jamais s’installer pour très longtemps. Elle découvre aussi le chemin de fer clandestin, qui permet aux esclaves fugitifs du Sud de l’Union de fuir jusqu’au Canada. En effet, même si les états du nord sont abolitionnistes, les chasseurs d’esclaves ont le droit de venir y chercher les noirs en fuite et de les ramener à leurs propriétaires. Honor, guidée par ses convictions de quakers qui estiment que tous les hommes sont égaux, cherche à aider ces fuyards. Cependant, sa nouvelle famille s’oppose à cette attitude, de peur des représailles. Elle se sent alors écartelée entre ses convictions et la famille à laquelle elle cherche à appartenir.roman New-York histoire des Etats-Unis quakers esclavage quilt

J’ai vraiment beaucoup aimé l’univers de ce roman. L’héroïne nous fait entrer dans sa vie de quaker, ça a été une découverte pour moi. Elle raconte l’apaisement qu’elle trouve pendant les assemblées. Pour moi qui suis athée, j’ai été presque attirée par ce qu’elle décrit de leurs réunions hebdomadaires (promis je ne vais pas devenir quaker :p ), d’ailleurs ça me fait un peu penser à ce que l’on ressent lors d’une méditation de yoga. Elle parle ensuite longuement de la vie quotidienne, des quilts, des conserves… Elle nous présente avec beaucoup de pudeur ses sentiments, ses émotions, face aux hommes qu’elle croise, face à la vie aux Etats-Unis. On arrive à comprendre combien le caractère « neuf » de ce pays se ressent profondément dans la vie quotidienne de ceux qui l’habitent. Je me suis révoltée avec elle face à cette indifférence de personnes prétendument abolitionniste et qui pour autant préfèrent rester neutres face à des esclaves en fuite et à ceux qui les pourchassent. Je ne connaissais pas toute cette organisation qui venait en aide aux fuyards. L’insertion des quelques lettres que Honor écrit à sa famille et ses amies dans le récit vient poser un peu l’action et donne du recul sur l’histoire.

Homesman de Glendon Sarsthout. (attention spoiler) Ce roman se passe plus à l’ouest, dans ce far-west mythique et rêvé des westerns. Mais ici, rien de glorieux. Le roman présente une institutrice, femme forte et indépendante, qui va se dévouer pour accompagner quatre femmes à qui la rudesse du climat, les maladies qui tuent à vitesse éclair, la précarité de la vie, l’inhumanité de certains hommes ont fait perdre la tête. Mary Bee se charge de les accompagner car le mari qui avait été tiré au sort pour le faire est trop égoïste et lâche pour le faire. Elle se trouve face à face avec un gredin nommé Briggs, voleur de concession, livré à la pendaison, qu’elle sauve en échange de la promesse de son aide pour le voyage (et d’argent à gagner !) J’ai beaucoup aimé les deux premiers tiers du roman : le récit parfois attendu de la vie de ces femmes, des raisons qui leur ont fait perdre pied, la façon dont s’organise le voyage… Cependant la fin est trop dure à mon goût. Le destin de Mary Bee, femme qui semblait forte et qui pourtant a elle aussi des failles profondes, celui de Briggs que j’espérais voir s’amender, tout ceci m’a fait lire la fin en diagonale et finir ma lecture sur une note d’amertume bien trop prononcée pour moi.

Frank MacCourt, C’est comment l’Amérique ? Il s’agit cette fois d’une autobiographie. Le roman est épais et foisonne de vie, à l’instar de cette ville de New-York dans laquelle se passe l’action, lieu de perpétuelles arrivées, de destins qui se croisent, d’immigrants multiples et variés qui courent à la poursuite de la chance et de la fortune. Frank arrive, sans le sou, et atteint d’une maladie fort désagréable aux yeux qui les fait suinter, rougir. Il se sent rejeté à cause de cela, et de ses dents, déjà pourries. Il manque considérablement de confiance en lui, et pourtant il a de nombreuses qualités, il travaille avec rigueur, il aime la littérature, il lit de grands auteurs malgré son peu d’études, il se montre gentil avec son entourage. Il va exercer de nombreux métiers, loger dans des chambres variées. Ses grands plaisirs sont d’aller au cinéma, et d’emprunter des livres à la bibliothèque. Il fait son service militaire, arrive peu à peu à faire soigner ses yeux. Après son retour à la vie civile, il prend son courage à deux mains et s’inscrit à l’université. Il obtiendra un diplôme de professeur, rencontrera une fille fantastique. Il commence à travailler comme professeur, mais les établissements dans lesquels il travaille accueillent des élèves vraiment difficile, et il éprouve des difficultés à enseigner réellement. Il se demande même parfois s’il ne va pas tout laisser tomber et retourner travailler dans les docks.

J’ai beaucoup aimé le début du livre, l’arrivée à New-York, les efforts de l’immigré pour trouver du travail, s’intégrer, les difficultés rencontrées. Le personnage de Frank est sympathique, gentil, naïf. Par contre la fin lorsqu’il est professeur m’a moins plu : sans doute n’ai-je pas trop envie de retrouver toutes les galères de mes journées d’enseignante dans un roman (j’avais l’impression de voir mes élèves par moment, bouhhh !). Mais c’est un très bon roman dans l’ensemble, dense, on apprend beaucoup de choses sur cette époque-là.

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