Randonnée dans les Baronnies

Cette semaine d’avril, nous sommes partis quatre jours dans la Drôme provençale, pour marcher le long du GR de Pays des Baronnies. Nous avions prévu de faire la partie nord du GRP, en coupant à hauteur du Poët-Sigillat par une partie hors-GR afin de faire une boucle : Arpavon, Poët-Sigillat, Rémuzat, Léoux, Villeperdrix, Sahune, Arpavon. Nous étions 4, ma soeur, B., mon frère, V.,mon amoureux C et moi.

Nous sommes partis le lundi dans l’après-midi. Nous avons garé la voiture à Arpavon. Ensuite nous avons commencé notre marche en direction de Saint-Jalle. Après avoir hésité plusieurs fois (et perdu une bonne heure), nous avons trouvé le sentier hors-GR qui permet de relier cette portion de la route avec le village perché de Poët-Sigillat. Il suffit en fait de ne pas prêter attention aux multiples chemins d’exploitation qui partent sur la gauche et d’attendre la piste balisée en jaune. Ce chemin était vraiment chouette, au milieu des petits chênes blancs de Provence, avec la vue sur le Mont Ventoux.

Nous avons passé notre première nuit de bivouac en face du village de Poët-Sigillat. La vue sur ce village perché d’allure provençale éclairé avec douceur par le soleil couchant était très belle. Nous avons fait cuire nos pâtes, dégusté quelques dattes en dessert et hop, tout le monde dans les duvets.

bivouac avec golite shangri-la 5

La journée suivante a été la plus compliquée. Déjà, nous sommes devenus tontons et tatas la veille au soir. Du coup, nous avions assez envie de raccourcir la rando pour aller rapidement à la maternité. Nous avons donc décidé de marcher jusqu’au col du Bascoulet, puis à la descente, de bifurquer sur la gauche en direction de Saint-May (au lieu d’aller à Rémuzat comme le prévoyait l’itinéraire initial), et de marcher jusqu’à Villeperdrix par la route. Seulement, la mauvaise qualité du balisage et le manque de précision du topo-guide nous ont fait changer d’avis. Après un copieux petit-déjeuner (pompotte, muesli au thé), nous sommes allés jusqu’au Poët-Sigillat, remplir nos bouteilles d’eau, et nous débarbouiller un peu dans le magnifique lavoir de ce tout petit village si paisible. Nous avons ensuite passé une demi-heure à trouver le départ du GR. Contrairement à ce que la carte indique (sur géoportail, la carte est correcte au 6000ème, mais fausse au 27000ème), il faut aller jusqu’au croisement, prendre la route en direction de Rémuzat, et c’est là, au bout d’une cinquantaine de mètres, qu’on trouve le chemin sur la gauche. Le cimetière dont parle le topo-guide n’est pas celui du centre du village, mais un nouveau cimetière (avec seulement trois tombes) complètement en dehors du village. On le repère avec ses cyprès. randonnée GRP Baronnies Poët-SigillatLa piste s’élève ensuite dans des champs de lavande, et une basse forêt de garrigue. Nous avons grimpé au col d’Ambonne, admiré la vue avec plaisir. Puis le chemin se poursuit d’abord à flanc de colline et ensuite en pente assez franche au milieu d’une forêt de hêtres. C’est là que nous aurions dû trouver le col du Bascoulet. Je n’ai toujours pas compris comment nous avions fait pour le rater, le panneau était-il caché ? Dans tous les cas, le balisage était assez peu présent, et très effacé, ce qui ne nous a pas aidés. En effet, dans cette région, il y a de nombreux chemins, sentiers, pistes, pour l’exploitation agricole et forestière, ce qui peut parfois perturber l’orientation. L’idéal aurait été d’avoir une bonne carte au 25 000ème pour compléter le topo-guide, mais comme habituellement les GR sont balisés comme des autoroutes, je n’avais pas pensé utile de m’en munir. descente dans ravinNous sommes donc allés trop loin, revenus sur nos pas, puis nous avons pris un chemin vaguement indiqué par un cavalier rencontré. Après maintes tours et détours dans la forêt, ce chemin devenu minuscule sentier a traversé une succession de ravins, puis commençait à s’éloigner complètement de notre direction. Nous avons alors pris la décision de descendre dans la vallée de Saint-May par le lit d’un torrent asséché. Ce fut assez l’aventure… Les ronces, les arbustes nous barraient le passage, les pentes autour du torrent étaient très escarpées. Peu avant la fin, le lit du torrent s’est même trouvé n’être plus à sec.

Au final, après deux heures de descente et au moins quatre de retard, nous avons enfin réussir à rejoindre la route. Fatigués et pas mal égratignés, nous avons choisi de camper à Saint-May, où un monsieur très gentil rencontré à la source du bas (le long de la route, en face du bar) nous a proposé de planter la tente dans son petit jardin. Le village est vraiment adorable. Lui aussi est planté en haut d’une sorte de piton rocheux. A 30 mètres de notre bivouac se trouvait une source cachée dans une sorte de caveau voûté. Nous avons donc eu le luxe de pouvoir nous laver à l’abri des regards, ce qui n’a pas été de trop après cette descente plutôt aventureuse. B. a dormi à la belle étoile, et nous sous la tente.

Le lendemain, un peu échaudés par nos multiples détours de la veille, nous avons finalement choisi de gagner Sahune pour rentrer au plus vite. Un coup de pouce en l’air et nous étions tous les 4 sur la place du village. Nous avons fait quelques courses à l’épicerie (et trouvé un assortiment de tartinades provençales à se damner : tapenade, anchoïade, caviar d’aubergines, thonoïade, confis de tomates séchées, et tartinade aux artichauts). Il ne nous restait que 9kms pour la journée, trois fois rien, mais nous étions méfiants et nous demandions combien d’heures nous allions perdre à nous perdre. Et là, surprise, le GR était à nouveau balisé parfaitement, et extrêmement facile à suivre. Alors nous avons pris notre temps, dégusté nos achats, fait la sieste. Arrivés dans l’après-midi à Arpavon, nous avons repris la voiture pour un dernier bivouac à Grignan, trouvé de bons produits provençaux pour la nouvelle maman que nous étions pressés d’aller voir à la maternité, visité rapidement la ville, admiré le château de la fille de Madame de Sévigné.

Au cours de la rando, notre naturaliste familiale a identifié et nous a fait admirer des vautours fauves, un pouillot véloce, un rouge-queue, une salamandre, des tétards, un lézard vert (qu’au début C. avait pris pour un iguane 😀 ), un papillon paon de nuit (un machin gros comme la main qui à notre grande surprise a passé la nuit dans la tente avec nous et que B. a décoincé le plus soigneusement possible de la toile de tente), des fossiles d’ammonite, un renard et un écureuil.

papillon grand paon de nuit vautour fauve

Pour conclure, nous avons bien rigolé de toutes nos aventures, nous étions partis pour plus de 50 kms et en avons fait environ la moitié en deux jours et quelques heures de marche, mais nous nous sommes bien amusés. J’ai très envie de recommencer prochainement pour faire au moins la partie Sud du GRP, et peut-être essayer de faire celle du Nord correctement !

Petite liste du matériel :

– tente Golite shangri-la 5 : très adaptée pour 4 adultes et leurs 4 sacs à dos. Extrêmement légère pour la place fournie : environ 2,6 kgs répartis en deux sacs, un pour chaque homme du groupe.

– réchaud Primus à gaz

– duvets : pour C et moi : Cat’s meow de North Face, nous n’avons pas eu froid.

– matelas : j’ai le Z-lite de thermarest : pratique à porter, mais franchement un peu dur, je dors très mal dessus. Malheureusement mon super matelas gonflable hyper cher BigAgnès étant crevé, je ne suis pas super motivée pour en racheter un du même type.

Une réflexion sur “Randonnée dans les Baronnies

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